Ne jamais oublier

« Si vous ne vous battez pas pour vos droits quand vous pouvez vaincre sans verser le sang, si vous ne vous battez pas quand la victoire est certaine et peu coûteuse, le moment viendra où vous devrez vous battre contre tout espoir, avec des chances de survie très minces. Et il y a pire : peut-être devrez-vous vous battre sans la moindre chance de vaincre, parce qu’il vaut mieux périr que de vivre en esclaves. »

Winston Churchill

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Mercredi 30 août 2006

Bien sûr il y a cette aide spontanée apportée aux voyageurs blancs s'aventurant dans les bus dakarois. Bien sûr il y a cette attachante familiarité dans les rapports humains où le "tu" prend le pas sur le "vous". Bien sûr il y a ce fantasme de séduire une blanche. Bien sûr, il y a ce nouveau né qui vous regarde avec de grands yeux car pour la première fois de sa vie, il voit une peau claire et cette mère qui vous sourit parce qu'avec votre grand chapeau (de cowboy!) vous faites de l'air dans le bus surchauffé à son nouveau né.
Bien sûr, bien sûr. Mais ce même gamin dans quelques années en voyant passer un Blanc lui criera "toubab toubab!". Alors oui ce n'est pas bien méchant. Mais imaginez une seconde le scandale si les enfants de par chez nous gueulaient "kebla, kebla" de leurs voix stridentes dès qu'un Noir a le malheur de passer devant leurs yeux...
Et cet accueil qui vous isole vous le trouvez principalement dans les lieux où les toubabs sont monnaie courante. Le Blanc n'appartient pas au même genre humain aux yeux de certains. Et la propension à vous regarder comme un être différent augmente avec le temps.
Mais le pis réside dans la ségrégation économique. Le Blanc est riche, il doit payer plus. Le Blanc a colonisé, il doit payer plus. Comme il y avait des compartiments noirs et des compartiments blancs, le Sénégal a accepté la mise en place d'un double système économique. Tout le monde n'accepte pas cet état de fait. Des Sénégalais protestent contre ce traitement déshonorant. Mais le système résiste car il a finalement l'appui tacite des autorités.
Eh oui, ces dernières ne se privent pas pour l'appliquer aux entreprises. Une entreprise tenue par un blanc est bien plus susceptible de subir un contrôle fiscal, une hausse d'impôt arbitraire, une attaque en justice que toutes les (peu nombreuses mais nous y reviendrons) entreprises sénégalaises réunies. Ainsi quand une entreprise française essayait de se dépétrer de ses multiples gènes légales, une firme sénégalaise concurrente "oubliait" de payer la TVA pendant une vingtaine d'année pour finir par faire faillite toute seule...
Le Blanc est poussé à se cantonner dans le rôle d'expat profitant des doux plaisirs du confort occidental importé. Il n'y va pas spontanément. Il est repoussé, fatigué de se voir partout mis dans un autre monde sans n'avoir rien demandé. Certains affirment que ce comportement est nouveau et dû aux lois Sarko. Foutaise. Pour être si visible, il existe depuis des années mais désormais il devient norme.

Par FaTraPa - Publié dans : Mélopées africaines
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Mercredi 9 août 2006
S'il y a bien un endroit où les candidats à la popularité téléréalitaire devraient être envoyés pour faire mumuse avec la tentation ou se prendre pour Robinson Crusoé, c'est bien l'ilot de la Madeleine. Bon à dire vrai, l'appélation, l'AOC Madeleine s'applique à deux iles, formant un parc naturel, dont une seule accessible, l'ile au Serpent. Mais elle est si miniscule et dérisoire que le terme ilot lui convient à merveille. Pour vous y rendre, vous devez prendre une pirogue rapide, plus pirogue que rapide, et briser les vagues qui sépare Dakar de l'ilot avec un pilote s'amusant à danser, pour équilibrer le bateau, sur son ponton. On pénétre dans l'ilot par une petite crique qui semble sortie des Travailleurs de la mer, le roman d'Hugo. Les vagues se brisent sur les roches alentours et seule cette petite enclave vous protège de la houle. Le coin serait charmant s'il était vidé des expatriés en bronzette anonyme. Alors pour chercher le calme, vous montez vers le plateau qui constitue l'ilot. Et là, la chaleur africaine prend toute son ampleur démesurément absurdissante. Ne cherchez pas l'ombre soulageante ou le souffle d'air apaisant.  Des herbes cramoisies et des arbres effilés sont les seuls compagnons de promenade, si tant est que passer 20 minutes à faire le tour d'une ile peut s'appeler ainsi. Alors que nous pensions retourner nous agglutiner sur la mini-plage de l'arrivée pour exporter à Dakar l'effet Saint-Tropet, voilà que nous ddécouvrons un mince filet de sable blanc accessible avec un effort minime. Là nous avons pu gouter les joies de la mer sénégalaise. Gouter sans se délecter car entourés de rochers et de vagues tonitruantes, il était bien peu recommendable de partir à l'assaut de l'Océan Atlantique.
Par FaTraPa - Publié dans : Mélopées africaines
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Mardi 8 août 2006

Je précise immédiatement que cet article n'est pas de moi mais je le cautionne totalement. Merci de prendre cela avec le sourire. En même temps, il faudrait être vraiment stupide pour en être vexé.

L'Ile de la tentation sur TF1, 29ème édition.

 

Comme toutes les Iles de la tentation, nous retrouvons les mêmes fourberies, les mêmes couples, les mêmes stéréotypes. Incroyable, les casteurs sont des surdoués en mal d'imagination. Question couples qui craquent, claquent, s'enflamment et trompent à tous vents, nous sommes de nouveaux servis. Il y a déjà une tentatrice qui est dans le TOP 10 des demandes Yahoo, ainsi qu'une autre en une de Entreveue. Une consécration. Elle s'appelle Shanice (non, je n'ai pas dit Shagasse !!!).

 

Alors, c'est toujours la meme chose, d'une prévisibilité à mourir d'ennui. Le mec arrive donc, il est amoureux et tout, mais quand meme, il est entourée d'énormes bonnasses et apres tout, il a une bite, il ne l'a pas oublié. Ainsi, il flirtouille avec la dite tentatrice qui lui plait le plus. Flirtouiller...voir embrasser, toucher, inviter dans sa chambvre la nuit... Bref. Pas forcément de baise (parce que Monsieur semble ne pas vouloir tromper sa copine, mais il se rend compte que sa copine, c'est tres bizarre, n'a pas toutes les qualité de la tentatrice. Il se rend compte aussi, qu'il peut être plus heureux qu'il ne l'a jamais été jusque là, tout ca parce qu'une sale tentatrice lui fait croire qu'elle est dingue de lui en moins d'une semaine. Comme c'est charmant cette naiveté masculine...)

 

donc, au feu de camps des filles, on leur montre au choix :

 

- des scènes portant à croire qu'il y a baise véridique

 

- dse phrases choisies, hors contexte, où le mec dit que peut être que sa copine n'est pas la femme de sa vie

 

- des petits gestes ambigues, petites flirtouilles

 

- les commentaires et des copains, et des chagasses tentattrices, pour qui, c'est sûr, l'homme semble vouloir CEDER A LA TENTATION (elles ont bien appris la phrase)

 

 

Inévitablement, les femmes sont hors d'elles. Elles n'y croient pas , nous non plus, parce qu'en fait, des connards leur mec semblent bien l'etre. En tout cas, excusez moi, mais flirtouiller aussi visiblement, c'est pas très sympa.

 

Ainsi, elles pleurent, se vengent, et, au choix :

 

- sautent d'emblée sur un tentateur (quand elles ont passé le cap du desespoir total et qu'elles veulent se venger à mort)

 

- disent des phrases pas tres sympa sur leur mec

 

 

Ensuite, vient le feu de camps des hommes :A ce moment, on leur montre des images / paroles suivant les possibilités ci-dessus. Alors les mecs se vénèrent : Comment elle a pu dire ca ? comment elle a pu me faire ca ???

 

Et puis, parce qu'ils ne revent que de ca, ils s'écrient ! bah, c'est une grosse erreur ce qu'elle a fait (meme quand elle a rien fait, mais alors rien de rien parce qu'elle est naivement et stupidement amoureuse d'un gros plouc débile), je suis un rancunier moi.

 

Et apres, les mecs sautent le pas, ils sautent pour ainsi dire leur tentatricxe, et se décident à "vivre pleinement l'aventure" parce que t'as vu ce qu'elle a dit / fait cette salope (sa copine) ?

 

 

Et voilà.un couple ayant décidé de se marrier au bout d'une semaine d'ile de la tentation, ils se sont barrés, et ni une ni deux, TF1 fait rappliquer pour l'épisode d'apres un nouveau couple, qui débarque mystérieusement sur l'ile....

 

Par FaTraPa - Publié dans : Le monde que je n'aime pas
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Vendredi 4 août 2006

Pour la première fois, j'ai quitté Dakar le week-end dernier. Direction le Siné Saloum, région se resumant pour les géographes au delta de deux fleuves le Siné et le.. Saloum. Maintenant que ce périple est digéré, dans tous les sens du terme, je vais m'empresser (à la Sénégalaise) de vous le conter.

Sachez mesdames et messieurs les lecteurs que dans ce pays tout est affaire de palabres. Pour prendre le premier taxi, celui qui vous guidera hors de la métropole infernale qu'est Dakar, vous devez vous rendre un point appeler Gare Pompier qui ressemble plus à une fourrière qu'à une Gare (même routière) et qui ne prend des teintes rouges pompieresques qu'aux courts instants du lever du soleil. Ici il n'est point question de s'embarquer dans un des taxis jaune et noir qui sillone Dakar et que vous avez pu entre-connaître par mes proses précédentes. Non il vous faut choisir le bon taxi brousse. Le taxi brousse avec son air désingué, le taxi brousse break peugeot reconverti en 7 places (comme le nombre de partants), le taxi brousse lieu de conduite, de sommeil (dans le coffre pour le chauffeur) et de danger (la mort nous a frolés). De rencontre ? Non pas trop. Notre driver n'acceptait que le wolof et la monnaie comme moyen d'échanges. Après une attente et des coups tordus (pour trouver enfin et vite le bon, non UN chauffeur), nous voilà sur la route, on the road again. Et là n'attendez pas que je m'étende sur le paysage. Malgré l'assoupissement qui gagnait la troupe (et le conducteur), je gardai les yeux sur le paysage. Mais sa pauvreté m'empêche de vous le rendre sympathique. Il y a ce poème d'Henri Michaux sur l'Afrique qui fait :
                                                                  Baobab baobab baobab
                                                                              Baobab
                                                                          Baobab baobab
Ce poème rend parfaitement compte de la réalité du terrain. Le rythme de votre promenade est marqué par le nombre de baobab rentrant par seconde dans votre champs de vision. Car sinon rien. Des herbes basses et cette terre couleur ocre qui semble avoir absorbé tout le sang de toutes les souffrances de tous les Africains. Cette terre qui s'impose à vous. Cette terre qui s'abat sur vos yeux et vous met hors d'Europe. Cette terre qui marque, définit l'Afrique.

Par FaTraPa - Publié dans : Mélopées africaines
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Vendredi 28 juillet 2006

On ne marche pas de la même façon en France et à Dakar. Petite leçon de marche sénégalaise.

Dans un premier temps, il faut ralentir le pas. Inutile de se presser de toute manière personne ne le fait, de toute manière vous n'y arriverez pas. Faites une dizaine de pas et vous êtes accostés. On veut vous vendre une ceinture ou une recharge de portable ou une tong ou un parfum, devan vous une nuée se meut et vous ralentit. Cette vie marchande qui vient se coller à vous crée une ambiance colorée et un embouteillage assuré sur le trottoir. Reste alors la route. Après tout, elle appartient à celui qui veut bien la prendre qu'il soit à pieds, en vélo, en calèche ou en voiture. Mais une fois sur le bitume central, vous perdez votre temps à sauver votre vie. Il y a deux jours un taxi est passé en accélérant à 15 cm de mon pantalon.
Le pas plus lent, il faut commencer par trainer des savates. Inutile de soulever trop haut votre pied, la poussière et la sueur dégoulinant dans votre dos seront votre seule récompense. La marche est bruyante, un glissement continuel vers l'avant.
Reste alors le dernier pli à prendre. Regarder toujours vers l'avant. Ne tourner pas la tête, vous croiserez des yeux une boutique ambulante ou un vendeur du même nom et il vous courera après vous croyant intéressé. Les yeux au loin ne sont pas une garantie de tranquillité. Il faut également à prendre à dire un "non merci" capable d'arrêter les plus têtus dans leur quête de client (un petit mouvement de la main est le bienvenu pour bien marquer le refus absolu de tous les objets possiblement présentés).

Une fois toutes ces petites manières acquises, vous pouvez commencer à vous promener dans la ville. Promenande fatiguante, erreintante car jamais silencieuse, jamais seule. On ne peut rien découvrir à pied, on ne peut rien observer, on ne peut que vivre. Pour atteindre la tranquillité nécessaire à une contemplation de la société dakaroise, il est nécessaire de prendre le taxi. Avec tous les bouchons, les trous et autres difformités de la chaussée, avec leur direction désaxée et leur frein usée, les taxis ne vont jamais bien vite et vous laisse tout le temps d'admirer la formidable prolifération de boutiques en tout genre, de réunion de quartier, de petits coiffeurs et d'enfants balle au pied. Pour voir, il faut se réfugier dans le mouvement perpétuel de l'auto. Car chaque arrêt sera l'occasion de se faire accoster par les enfants mendiants ou les vendeurs de petits objets.

Par FaTraPa - Publié dans : Mélopées africaines
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