Les Altermondialistes et tous les gens de gauche légèrement butés ont une tactique parfaitement au point pour imposer leur pensée. Une tactique qu'ils ont élaboré au temps de la Guerre Froide avec comme paradigme étincellant la grande phrase du grand Sartre : "les anti-communistes sont tous des cochons!". Leur but est de se poser en victime de l'inexistence du débat car si débat, il y avait, il serait certain de l'emporter... Aujourd'hui, l'absence de palabre intellectuello-politique concerne, soit-disant, la mondialisation et le nouvel ordre (inique, pas juste comme celui de Ségo) néo-libéral. Si la mondialisation triomphe, c'est à cause de la pensée unique développée par tous les puissants (gouvernements, institutions internationales, médias, etc.), pensée qui endort la masse des opprimés. Avant il y avait la religion pour soulager les peines de l'inégalité, maintenant, il y a le conformisme reflectif.
Beau discours que cet énoncé. Malheureusement, il ne tient pas debout face aux faits. Allez dans n'importe quelle librairie et vous pourrez voir la vraie visage de la pensée uniforme. Sur les étalages, vous trouverez, bien mis en enxergue, tous les variations de l'entendement gauchisant. Tous les livres tirent dans le même sens : les US sont des salauds, la mondialisation exacerbe les inégalités, le danger du libéralisme. En ce moment, le livre à la mode (hormis Les Bienveillantes, pavé sur le nazisme, à quand le même sur le KGB?) est La France des Invisibles (voir le Libé d'aujourd'hui, le 23/10) où est répertorié l'ensemble des nouveaux malheurs des pauvres. Même les quelques tenants des idées adverses (légérement libérales, car si on s'avance trop dans cette théorie, on se fait taxer d'ultra et là, on n'est mort médiatiquement) sont obligés d'employer le ton de leurs ennemis. Je pense au livre de Monique Canto Spreber sur "Faut-il sauver le libéralisme ?" (le titre illustre à lui seul mon propos).
Je ne postule pas que tous les auteurs publiés ont forcément torts (même si je le pense la plupart du temps). Je constate simplement que les pourvoyeurs de la pensée unique en sont en fait les premiers profiteurs. En décridibilisant leurs adversaires, en les taxant d'anti-démocratisme, ils se taillent une voie (voix) royale pour dominer le "débat". Un petit rappel historique s'impose cependant : le libéralisme a déjà été rejeté un fois, ce fut dans les années 30 et on sait ce qu'il advint. Les années 2000 prennent-elles le même chemin idéologique ? En tout cas, la terreur intellectuelle régnant en France (avec pénalisation des mauvais penseurs comme pour le génocide arménien) semble s'étendre de jour en jour...
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