Ne jamais oublier

« Si vous ne vous battez pas pour vos droits quand vous pouvez vaincre sans verser le sang, si vous ne vous battez pas quand la victoire est certaine et peu coûteuse, le moment viendra où vous devrez vous battre contre tout espoir, avec des chances de survie très minces. Et il y a pire : peut-être devrez-vous vous battre sans la moindre chance de vaincre, parce qu’il vaut mieux périr que de vivre en esclaves. »

Winston Churchill

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Lundi 23 octobre 2006

Les Altermondialistes et tous les gens de gauche légèrement butés ont une tactique parfaitement au point pour imposer leur pensée. Une tactique qu'ils ont élaboré au temps de la Guerre Froide avec comme paradigme étincellant la grande phrase du grand Sartre : "les anti-communistes sont tous des cochons!". Leur but est de se poser en victime de l'inexistence du débat car si débat, il y avait, il serait certain de l'emporter... Aujourd'hui, l'absence de palabre intellectuello-politique concerne, soit-disant, la mondialisation et le nouvel ordre (inique, pas juste comme celui de Ségo) néo-libéral. Si la mondialisation triomphe, c'est à cause de la pensée unique développée par tous les puissants (gouvernements, institutions internationales, médias, etc.), pensée qui endort la masse des opprimés. Avant il y avait la religion pour soulager les peines de l'inégalité, maintenant, il y a le conformisme reflectif.
Beau discours que cet énoncé. Malheureusement, il ne tient pas debout face aux faits. Allez dans n'importe quelle librairie et vous pourrez voir la vraie visage de la pensée uniforme. Sur les étalages, vous trouverez, bien mis en enxergue, tous les variations de l'entendement gauchisant. Tous les livres tirent dans le même sens : les US sont des salauds, la mondialisation exacerbe les inégalités, le danger du libéralisme. En ce moment, le livre à la mode (hormis Les Bienveillantes, pavé sur le nazisme, à quand le même sur le KGB?) est La France des Invisibles (voir le Libé d'aujourd'hui, le 23/10) où est répertorié l'ensemble des nouveaux malheurs des pauvres. Même les quelques tenants des idées adverses (légérement libérales, car si on s'avance trop dans cette théorie, on se fait taxer d'ultra et là, on n'est mort médiatiquement) sont obligés d'employer le ton de leurs ennemis. Je pense au livre de Monique Canto Spreber sur "Faut-il sauver le libéralisme ?" (le titre illustre à lui seul mon propos).
Je ne postule pas que tous les auteurs publiés ont forcément torts (même si je le pense la plupart du temps). Je constate simplement que les pourvoyeurs de la pensée unique en sont en fait les premiers profiteurs. En décridibilisant leurs adversaires, en les taxant d'anti-démocratisme, ils se taillent une voie (voix) royale pour dominer le "débat". Un petit rappel historique s'impose cependant : le libéralisme a déjà été rejeté un fois, ce fut dans les années 30 et on sait ce qu'il advint. Les années 2000 prennent-elles le même chemin idéologique ? En tout cas, la terreur intellectuelle régnant en France (avec pénalisation des mauvais penseurs comme pour le génocide arménien) semble s'étendre de jour en jour...

Par FaTraPa - Publié dans : Le monde que je n'aime pas
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Samedi 7 octobre 2006

Il paraîtrait selon les sondages que l'extrême droite belge serait proche de réaliser 35% des voix en Flandres (parti VB) et 15% en Wallonie (parti FN). Bien sûr, ces scores ont de quoi inquiêter mais ils sont faits pour perdurer, surtout quand on voit les réactions de ce que l'on appelle les libernautes (http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/209204.FR.php).

L'un s'insurge contre l'imbécilité des électeurs (mais comment ont-ils pu oublier aussi vite le nazisme ces idiots!), l'autre est déçu que le droit de vote accordé aux immigrés n'ait pas eu l'effet escompté, un troisième se félicite de la bonne réaction de plusieurs membres de la société civile qui ont organisé des grands concerts contre la peste brune... Rare sont ceux qui se demandent les raisons du vote extrême. Est-ce vraiment la faute de l'absence de politique envers les pauvres ? Je crois que la montée des extrêmistes (de droite ou de gauche) vient plutôt de deux sources profondes et intarissables sans changement de mentalité.

La première, c'est ce refus abscong de donner la part de pouvoir qui revient de droit (de vote) à l'extrême droite. En les laissant hors du système, cette dernière a beau jeu de le critiquer et de se poser en martyr de la société et, de fait, proche de ses électeurs marginalisés. Seuls les pays ayant introduit les extrêmes dans les rouages du pouvoir (extrême droite en Autriche, PC en France) ont réussi à les diluer, à enrayer la croissance de ces partis (quoique le PC était déjà à la baisse). Pourquoi ? L'exercice du pouvoir repose sur des compromis (des compromissions selon les extrêmes) et détruit l'aura de pureté qui entoure ces partis.

La seconde, c'est le refus inexplicable de combattre les extrêmes sur le terrain de la raison. Il y a effectivement des problèmes et on les nie pour mieux se protéger. L'immigration en est un. La mauvaise intégration des descendants d'immigrés, l'arrivée de pauvres en période de chômage sont des soucis essentiels. Essayer de les traiter n'est pas faire le jeu de l'extrême droite comme on entend ici ou là! Alors je ne pense pas que les politiques choisies (très proches dans leur contenu des demande des extrêmistes comme pour mieux les décridibiliser mais pas assez similaires pour y arriver) soient efficaces. Il faudrait prendre le contre-pied des attentes extrêmistes et montrer que cela marche. Il faudrait une politique tolérante et libérale de l'immigration car le besoin de main d'oeuvre bon marché pour des travaux difficiles se fait (et se fera encore plus) sentir dans tous les secteurs de l'économie. Faire venir massivement des immigrés (même illégaux) et montrer que le chômage peu baisser (le nombre d'emplois dans une société n'est pas fixe, il évolue en fonction des opportunités) tout en utilisant l'argent économisé pour former les quelques employés touchés par ce processus (sur une base volontaire, aucune formation ne doit être obligatoire car ils auront beau jeu de placer la responsabilité de leurs difficultés sur les autres : l'Etat et ces salauds d'immigrés) sera la meilleure réponse à toutes les affirmations des partis plus ou moins xénophobes. Un deuxième problème à attaquer de front est clairement l'islam. En se couchant face à l'islamisme, on laisse un espacé béant dans lequel s'introduit toutes les pensées extrêmistes. Je ne développe pas ce point maintenant car il sera le sujet de mon prochain post. A suivre donc...

Par FaTraPa - Publié dans : Le monde que je n'aime pas
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Jeudi 5 octobre 2006

Certains espéraient, plus ou moins secrètement, que mon départ à Dakar m’assagirait quelque peu, ou tout du moins me calmerait dans mes idées et principes. L’ouverture au monde est-elle corrélée à l’adoucissement des mœurs ? Devient-on plus « coulant » quand on a bourlingué ? Vivre ailleurs renforce la tolérance ? Non. Comprendre des modes de vie et des habitudes n’induit pas une acceptation de ce qui nous paraît inadapté. Et me voilà désormais de retour dans le monde civilisé ; revenu le même, en pire.

Je suis parti en pensant que l’aide au développement n’était pas la solution pour l’Afrique. J’en reviens persuadé. A force de déverser de l’argent sans rien attendre en retour, on a complètement infantilisé le continent noir. Ils attendent l’ouverture du robinet de cash comme des bébés le lait de leur mère et ils nous culpabilisent avec nos crimes de la colonisation pour toujours obtenir plus comme les nouveaux-nés tapent du poing sur le sein !

Je suis parti en pensant que la colonisation n’était pas le crime absolu que l’on nous présentait. J’en reviens persuadé. Si Dakar n’est pas un champ de mauvaises herbes mais une ville en déliquescence, c’est par le fait de la colonisation. Si elle s’écroule petit à petit, ce n’est pas par manque de moyen (les moyens, on les leur donne) mais par incompétence. Le problème de la colonisation (outre les crimes qu’elle a engendrés et qui sont inacceptables mais pour lesquels l’Occident a fait contrition) est qu’elle reposait sur un postulat exécrable : la supériorité de l’homme blanc. L’Europe a confondu une organisation supérieure et race supérieur. La première lui donne un avantage comparatif, la seconde la détruit moralement. Mais il ne faut pas se voiler la face. L’Occident était et reste une civilisation plus avancée (pour une discussion sur le principe de supériorité de la civilisation occidentale, je renvoie mon cher lectorat à mon P.S. à la fin de cet article). En colonisant, elle a transmis une partie de son savoir aux autres régions du monde. Et ces nouvelles connaissances ont été bien mieux utilisées par l’Asie que par l’Afrique, pourquoi ? J’avance la théorie que l’absence de grandeur passée de la civilisation africaine (on ne va pas me sortir que l’Afrique a pondu de grands penseurs comme l’Europe, Aristote, Platon, ou l’Asie, Confucius) a créé un grand bond en avant de ce continent à l’arrivée des Colonisateurs. Ils sont passés du néant au développement. Du vide à la lumière des lampadaires. Ils n’ont pas connu les travaux forcés de la croissance. Alors que l’Asie a connu grandeur et déclin, a appris la valeur de la richesse, l’Afrique n’a eu que des extrêmes. Elle ne connaît pas l’importance du labeur, elle ne sait pas valoriser les biens alentours. Aujourd’hui, avec la passivité des gouvernements occidentaux, elle glisse petit à petit vers son état originel ce qui lui permettra peut-être de prendre la mesure des choses.

Je suis parti en pensant que seule l’entreprise crée de la richesse et, par conséquent, du développement. J’en reviens persuadé. Quand je vois les entraves au bon fonctionnement des sociétés privées (impôts dignes de la France , contrôles fiscaux arbitraires, régime social protecteur), l’immixtion de l’Etat dans des domaines inutiles, l’absence de tenue des fonctions minimales de ce dernier (police, justice), je me rappelle avec encore plus de force que l’Etat est, au mieux, un mal nécessaire. Seule une privatisation de l’Afrique sortira ce continent de la Grande Misère. Privatisation qui sera douloureuse (baisse des salaires, augmentation du temps de travail, etc.) mais salutaire (création, enfin, d’opportunités).

 

P.S. : Parler d’avancement de l’Occident est un tabou dans notre société pétrie de relativisme culturel. On a pas beaucoup évolué depuis le mythe du bon sauvage. Pourtant, l’homme premier (puisqu’on parle désormais de civilisation première plutôt que primitive) n’est pas exempt de passion. Il sait faire la guerre et pratique fort bien le barbarisme. Pire, il est bien possible que des délits mineurs chez nous entraînent là-bas des châtiments horribles. Un voleur de montre se fait bastonner au Sénégal. Un Sénégalais, habitant Saint-Louis, discourait sur la beauté de la vie au village. De cette harmonie simple et belle avec les petits plaisirs de la vie. Il affirmait que là résidait le vrai Sénégal, sa grandeur, sa magnificence. Seulement si tout était si incroyable dans la brousse, pourquoi est-il parti en ville ?   

Par FaTraPa - Publié dans : Mélopées africaines
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Mercredi 4 octobre 2006

Après une petite absence due à un travail intensif de stagiaire (non messieurs les redresseurs de tort, je ne me suis pas fait exploiter comme un vil souffre-douleur, j'ai travaillé avec intérêt et beaucoup de liberté. Si ce fut tard, ce fut par choix, et sans rien avoir à gagner au change puisque c'était pour l'administration française et, circonstance aggravante, au Sénégal), voilà un petit retour, et en France, et aux affaires de ce blog. Désolé de vous avoir fait patienter...

Pendant (grâce à ? Allez, si je tombais dans la mégalomanie, ce serait très français) mon séjour sénégalais, Dakar est devenu le centre de la politique française avec le débarquement de nos deux futurs candidats du 6 mai. A ma droite,Sarko dit le Kärcher (K). A ma gauche, Ségo dite la grande muette (GM). J'ai obervé le premier à une dizaine de mètre et la seconde a gratifié mon groupe d'un sourire ravageur. Alors place au match (on adore le petit jeu des comparaisons, non ?) en trois manches.

Standing
K:
à son pupitre, Kärcher n'en mène pas haut. Même ses talonettes ne suffisent pas (plus) à le grandir. Mais bon, dans son costard sombre, il garde l'air d'un homme important. Néanmoins, il ne suffit pas d'avoir été raillé dans son enfance pour devenir président. Dans le cadre majestueux de la résidence de l'ambassadeur français - vue sur la mer et, en particulier, l'îlede Gorée, petit bijou d'architecture coloniale -, K a enchaîné les petits sourires, les regards vers l'assemblée (regarde, regarde, il me parle à moi) et les banalités gestuelles de la théâtralité politique.
GM: Une petite robe d'été (bien plus adapté que la veste de couturier), une démarche droite, un sourire entendue. GM se penche gracieusement vers ses convives d'une soirée (table ronde avec des artistes locaux dans l'enceinte du resto du Centre Culturel Français). Elle montre sa taille fine et dégage une certaine allure. Une capacité à se couler dans un moule.
Verdict: GM l'emporte ; K=0 ; GM =1

Discours
K:
après une somme (infinie) de banalité dont je ne citerai que les plus belles : "hier, il pleuvait, aujourd'hui, il fait beau, certains diront que c'est de la compétence, d'autres de la chance. Cela ne me dérange pas (il se tourne vers l'ambassadeur), car la baraka fait partie de la bonne gestion. (cette phrase était-elle destinée à l'ambassadeur ou un compliment lancé à lui-même, gros débat)" ; "il n'est pas normal que les entreprises françaises ne laissent pas une place en France à leurs expatriés" ; "je suis persuadé que la France est un grand pays (ça c'est de la rupture! elle est même spatio-temporelle car on revient au Général: depuis que je suis petit, je me suis toujours fait une certaine idée de la France) ; "je n'irai pas plus loin car après on dira que j'ai fait de la politique, ce qui pour un homme politique n'est pas convenable". Discours convenu mais sans note. Et une petite cerise sur le petit four (très bien les réceptions de l'ambassadeur) : "2006, c'est important. Et après... (avec un petit haussement d'épaule)"
GM: j'aimerai vous rapporter des petites phrases de la GM mais comme elle porte bien son nom, je ne l'ai pas vu ouvrir la bouche de toute la soirée. Certes, elle sait écouter. Mais pour dire quoi ? Le seul moment où elle a donné de la voix fut pour saluer notre tablée "tiens voilà des français. Et vous faites quoi ?" et elle s'en va sans écouter la réponse.
Verdict: K l'emporte ; K=1 ; GM=1

Président ?
K:
oui pour un nouveau plan d'urbanisme des cités ; non pour un nouveau plan d'urbanisme des quartiers sensibles
GM: oui parce que c'est une femme ; non parce que c'est une esclave de l'ambition (et, en plus, c'est une femme)
Verdict : oh mon Dieu, qu'avons-nous fait pour mériter cela ?

P.S.: les quelques lecteurs attentifs de ce blog se souviendront que j'ai pronostiqué la victoire de Lang aux primaires du PS. Et je me suis bien, bien planté. Mea Culpa.

Par FaTraPa - Publié dans : Le monde que je n'aime pas
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Mardi 5 septembre 2006

Le Sénégal va mal. Ce n'est un secret que pour ceux qui se mettent des oeillères. La principale industrie du Sénégal, Industrie Chimique du Sénégal (ICS), est en quasi faillite, les délestages sont multi quotidiens, la récolte d'arachide, principale culture, est mauvaise, la Sonacos, sucre, prend le chemin de la banqueroute, la Société Africaine de Raffinage va être fermée afin que l'Etat sénégalais ne règle pas sa dette, le chemin de fer entre Dakar et Bamako est en grêve, les ordures ne sont ramassées à Dakar qu'avec parcimonie, les Sénégalais ayant une situation préfèrent migrer illégalement et un énorme projet d'investissement (d'1 Md de dollar) attend toujours l'accord final des autorités. A cela s'ajoutent des élections en 2007 qui menacent de n'être ni honnêtes, ni libres. Mais pendant ce temps-là, le gouvernement annonce la Stratégie de Croissance Accélérée à grand renfort de campagne médiatique...

Bon on l'aura compris aisément, la vie n'est pas rose dans le pays du lac homonyme. Mais alors que les problèmes relèvent de la faute de gestion et de la mauvaise gouvernance, les Sénégalais préfèrent se tourner vers l'extérieur pour trouver l'heureux coupable : la France généralement mais également le commerce international et les institutions du même nom. Parce qu'il faut bien comprendre que si vous croisez lors de vos ballades à Saint Louis, ville éminemment touristique, des tas d'ordure au bord du fleuve Sénégal, c'est certainement de la faute à... Qui ? La France ou autre pardi. Si on reçoit des milliards d'euros et qu'on arrive pas à s'en sortir, c'est de la faute à... Qui ? La France ou autre pardi qui devrait donner toujours plus. Si le salaire moyen d'un ouvrier sénégalais est de 2 dollars par heure contre 0,6 pour son homologue chinois et que les usines préfèrent s'installer en Chine, c'est de la faute à... Qui? La France ou autre pardi qui devrait subventionner. Si le chemin de fer reliant Dakar à Saint Louis est désormais une ruine, c'est de la faute à... Si le racisme est courant désormais au Sénégal, c'est de la faute à... Qui? Les lois Sarko!

Le Sénégal tombe et s'écroule inlassablement mais il le mérite. Il le mérite! On ne peut pas vivre en s'évertuant à trouver chez le voisin la source de nos problèmes. Qu'il sombre, je m'en moque. Aucune considération pour des gens s'estimant trop pour se sentir coupable. Aucune considération, juste du mépris pour ce refus de voir ses propres erreurs. Cette leçon ne vaut pas seulement pour ce pauvre pays africain...

Par FaTraPa - Publié dans : Mélopées africaines
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