La nouvelle guerre mondiale
ou comment ne pas se laisser vaincre par le terrorisme
« Si vous ne vous battez pas pour vos droits quand vous pouvez vaincre sans verser le sang, si vous ne vous battez pas quand la victoire est certaine et peu coûteuse, le moment viendra où vous devrez vous battre contre tout espoir, avec des chances de survie très minces. Et il y a pire : peut-être devrez-vous vous battre sans la moindre chance de vaincre, parce qu’il vaut mieux périr que de vivre en esclaves. »
Winston Churchill
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Ségolène Royal a décidé de monter d'un cran dans la bêtise. Après le coup des camps militaires pour les jeunes (les camps de rééducation, cela ne vous rappelle rien ?) devenus depuis des camps humanitaires (non mais pour qui on prend les délinquants ? Des pauvres du Tiers Monde à qui on va offrir des bols de riz ? On veut propager une épidémie de choléra parmi eux ?), voici venu le temps des jurys populaires...
Tout d'abord, pourquoi cette proposition est-elle la preuve d'un dangereux populisme ? Cela pourrait passer pour une refondation démocratique de la République Française, d'ailleurs c'est ce qu'essaye de faire croire la Royal. Quand un dirigeant fait appel au peuple pour justifier ses décisions, il détruit l'équilibre subtil qu'est la démocratie représentative. Se placer derrière l'approbation du peuple, c'est rendre injustifiable les critiques des opposants qui sont, de facto, des ennemis du peuple, donc dangereux pour l'unité du peuple, donc à écarter. Bien sûr, je ne pense pas que Ségo poussera le bouchon aussi loin (d'autres seront utilisés cette institution à des fins délictueuses), mais il y a une volonté à utiliser la volonté du peuple comme bouclier contre les critiques. Or la majorité ne fait pas la vérité. Se référer à Athènes pour justifier cette connerie est une absurdité de plus. Comment comparer une Cité avec une Nation ? La taille et les enjeux qui en découlent ne sont pas les mêmes. De plus, la liberté des Anciens et celle des Modernes sont complétement différentes. Avant, le citoyen participait directement au décision de la Cité mais, en échange, devait se conformer à la vie de la Cité. Notre liberté repose sur le droit de vivre la vie que nous avons raison de vouloir vivre dans les limites des lois et de nos revenus. La politique vient définir les frontières de nos actions, pas les actions elles-mêmes. Nous avons abandonné le droit de diriger directement mais nous avons gagné le droit de ne pas voir le pouvoir s'immiscer dans notre vie privée, nous avons restreint son champ d'action.
Outre ce premier problème, déjà rédibitoire, un second découle de cette proposition stupide. La mise en place de ces jurys est extrêmement problématique. Quel serait leur pouvoir ? Consultatif, en quoi diffère-t-il des lettres envoyés aux élus, des panels d'experts ou des sondages d'opinion. Décisionnel et le problème de leur légitimité se pose. Si cs jurys disposent d'un droit de vêto et l'utilisent contre une loi, de quel droit peuvent-ils agir ainsi ? Qui leur donne l'autorisation d'obstruer le processus politique ? En quoi représentent-ils qui que ce soit ? Qui leur a délégué le droit d'intervenir ? Comment sont-ils choisis ? S'ils sont élus, ils ne diffèrent en rien d'une assemblée et le problème de la "confiance en la politique" n'est absolument pas résolu. S'ils sont nommés, à qui donne-t-on cette immense pouvoir de nommination ? Et quels seront les critères de jugement ? S'ils sont tirés au sort, en quoi la chance est-elle un moyen de sélection ? Si on l'accepte dans ce cas, je ne vois pas pourquoi on insiste tant sur la redistribution puisque, finalement, seule la chance (le hasard) fait que l'on née riche ou pauvre... Il y a une impossibilité technique inextricable (démontrez-moi le contraire) à cette "solution". Tout cela prouve bien que Ségo ne parle que pour faire parler (et ça marche, regardez j'écris sur elle). Elle est une absurdité politique. Vivement que la bulle spéculative royale se dégonfle.