Ne jamais oublier

« Si vous ne vous battez pas pour vos droits quand vous pouvez vaincre sans verser le sang, si vous ne vous battez pas quand la victoire est certaine et peu coûteuse, le moment viendra où vous devrez vous battre contre tout espoir, avec des chances de survie très minces. Et il y a pire : peut-être devrez-vous vous battre sans la moindre chance de vaincre, parce qu’il vaut mieux périr que de vivre en esclaves. »

Winston Churchill

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Samedi 28 octobre 2006

Jeudi dernier, à 13h10, soit quelques minutes à peine après le démarrage du journal télévisé, JP Pernault annonçait un reportage sur les voitures ventouses (i.e. en stationnement abusif) à Nice. Le reporter s'enflammait sur ces chiffres frappants : 250 voitures enlevées par la fourière. Du grand journalisme. De l'information choc. Au même moment, sur France 2, on nous parlait avec émotion de l'accident tragique sur une route pavillonaire ayant coûté la vie à une petite fille, tout cela parce qu'il n'y a aucun ralentisseur sur cette longue ligne droite banlieusarde...
J'avoue difficilement comprendre l'intérêt de ce genre de reportage. Le contenu informationnel est nul. On interroge des personnes qui ne racontent rien de pertinent (un retraité affirmait avec conviction qu'il voulait que sa ville de Nice soit belle, une jeune femme racontait qu'il était trop tard quand les premiers soins ont été apportés). Et pourtant, cela marche puisque les gens continuent de regarder ces grandes messes cathodiques de la mi-journée... Alors pourquoi ?
Les Français (et les autres) vivent une vie pleine de petits bonheurs (qu'on le veuille ou non, nous ne sommes pas les plus à plaindre). Seulement ils leur manquent le grand frisson de l'excitation. Ils rêvent de l'événement qui leur fera vivre un moment extraordinaire. Et passer à la télé fait partie de ces moments fantasmés. Les gens espèrent de toute leur âme vivre le grand frisson du passage télévisée. Et le journal télévisé, en s'intéressant aux faits divers les plus banals, entretient conscienceusement cet espoir. En interrogant Madame et Monsieur Toulemonde, il crée l'illusion qu'un jour on sera projeté en image. Chacun peut avoir son grand plaisir. Les gens aiment ce genre de reportage sur des faits divers dénués de toute importance parce qu'ils renforcent leur croyance dans leur possibilité de passer à la télé. Certains y verront une dégénérescence de notre société. Je crois que cela dénote au contraire d'une certaine poésie. La quête de l'instant inoubliable de sa vie.

Par FaTraPa - Publié dans : Le monde que je n'aime pas
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