Ne jamais oublier

« Si vous ne vous battez pas pour vos droits quand vous pouvez vaincre sans verser le sang, si vous ne vous battez pas quand la victoire est certaine et peu coûteuse, le moment viendra où vous devrez vous battre contre tout espoir, avec des chances de survie très minces. Et il y a pire : peut-être devrez-vous vous battre sans la moindre chance de vaincre, parce qu’il vaut mieux périr que de vivre en esclaves. »

Winston Churchill

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Le monde que je n'aime pas

Samedi 25 février 2006

Un constat simple s'impose aujourd'hui : l'Europe va mal.

Depuis mai 2005 et le rejet de la Constitution Européenne au cri d' "A bas les plombiers polonais", l'Union Européenne n'avance plus, pire, elle recule.

Comment peut-on parvenir à un jugement si catégorique ? Il suffit de faire le point sur les pilliers de la construction européenne.

1) Un cadre institutionnal supranational. Avec l'entrée des pays de l'Est, les institutions européennes sont devenus ingérables. Normal, elles avaient été designées pour 6 pays et nous sommes 25. Comme la logique nationale revient à grande vitesse au dépend du partage européen, tout nouvel arrangement se fait au dépend de l'Europe. Le Traité Constitutionnel n'amenait pas d'avancée (pour la première fois) mais quelques clarifications et dépoussiérages. Il était un moindre mal (plutôt lui que Nice). Mais maintenant nous sommes au fond du trou, écrasés entre les parois du "NON" et du nationalisme, incapables de bouger, de remonter. Quelle miracle viendra nous tendre la main ?

2) La libre circulation des marchandises. Apparemment le seul pilier qui ne tremble pas. Encore que nous nous fermons à l'extérieur (textile chinois). Refuser le libre jeu des marchés avec le reste du monde sera-t-il le premier pas vers un démantélement des acquis communautaires en la matière ? Et les marchandises devaient s'étendre au Service... Mais le psychodrame Bolkeinstein est passée par là. Alors que le tertiaire comprend plus de 60% des salariés, alors que nous sommes spécialisés dans le service de pointe (plus d'assureurs et de banques en France que de plombiers, couvreurs), nous avons préféra nous renfermer sur nous-mêmes.

3) La libre circulation des personnes. Oh pour nous Frenchie pas de souci mais pour les Polonais, Hongrois, etc., c'est une autre histoire. Il y a maintenant en Europe deux sortes d'hommes, les pures (qui vont où cela leur chante) et les faire-valoirs qui ne doivent pas sortir de leur frontière sinon gare à eux. Cette situation est intolérable! D'autant plus que toutes les études montrent que l'arrivée des travailleurs est-européens (dans les trois pays l'ayant autorisé) a été bénéfique. Il est évident qu'ils viennent pour mieux rentrer dans leur  pays. Nous préférons les laisser aux portes de notre espace vital des bons européens. Notre haine des autres est telle que notre racisme touche des pays de l'Union Européenne.

4) La libre circulation des capitaux. OPA de Mittal sur Arcelor, "non, non" disent les gouvernements français et luxembourgeois. OPA d'une banque hollandaise sur une banque italienne, "non, non" affirme le directeur de la Banque Centrale italienne (avec une petite fraude au passage mais la nation avant tout), OPA international dans le secteur de l'électricité en Espagne, "non, non" fait le gouvernement espagnol en passant une loi l'interdisant (la commission va réagir mais on peut s'attendre à une pression franco-espagnole pour sécuriser cette loi). Bienvenue dans le passé! Le nationalisme (patriotisme, quelle foutaise!) économique vit de bien belles heures...

Les Européophiles devraient regarder les choses en face : l'Europe s'érode. Le non a gagné le référendum en luttant contre une partie existant depuis le traité de Rome, contre les bases de l'Union. Fini l'attente docile d'une relance, fini l'espoir d'un plan B, il faut sauver l'idée européenne. Il faut agir maintenant. Chacun a son échelle à son petit rôle à jouer : convaincre ses proches que l'Europe se joue maintenant ou elle s'effacera un peu plus chaque année. Si l'Europe n'intéresse plus, si elle ne revient pas dans le débat politique, alors l'échec sera retentissant et nous détruirons l'espoir de plusieurs millions de personnes en Europe et dans le monde, l'espoir de sortir de l'ère des Nations.

Par FaTraPa
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Lundi 13 mars 2006

Au départ, j'étais circonspect. L'image du blog était extrêmement négative. Des collégiens ou lycéens prébubères qui racontent leur vie en croyant refaire le monde et déroule leurs fantasmes en en recherchant la normalité.

Puis j'ai trainé à droite, à gauche et j'ai lu des choses plutôt justes. Mes neurones se sont excités et je me suis emporté dans la rédaction d'articles.

Puis j'ai malheureusement continué à trainer à droite, à gauche. J'ai pu juger sur la longueur et non sur l'immédiat. Les articles tournaient en rond et on s'extasiait parfois sur du banal (je ne citerai ni site, ni nom). Alors je me suis demandé pourquoi?

Je ne prétends pas avoir échappé au syndrome du serpent qui se mord la queue, ni apporter une grande réponse au problème mais je fais part de mes constats et en quelque sorte de ma relative déception.

Je crois intimment qu'il faut cesser de croire que le blog est un outil de pensées. On ne transmet pas de vraies analyses par les blogs. Ce média ne parvient pas à satisfaire la condition nécessaire pour parvenir à un développement : le calme et le temps. Tenir un blog nécessite de nombreuses mises à jour. Tenir un blog nécessite de se faire connaître, càd de passer une partie de son temps chez les autres à poster des commentaires. Tenir un blog, c'est rechercher une attention, une écoute. Tenir un blog, c'est dépasser le cadre familial pour se lancer dans des "débats du dimanche". Plein d'ardeur, je me suis mis à tenir plus compte de mon blog rank (qui bizarrement se maintient à 50 malgrè la baisse des lecteurs et des mises à jour) qu'à faire attention à mes dires. On reproduit sur le net la bataille de l'audimat des télévisions. Il ne faut pas s'étonner que le niveau ne s'élève pas. Les blogs se sont les meetic la pensée.

Loin de moi, l'envie de rejeter ce bel outil! Je voudrai juste que l'on cesse de croire que les blogs sont un moyen d'apprendre et de rencontrer des lumières. Ils ne sont qu'un moyen d'information parallèle et de multiples cafés du commerce (parfois de café philo mais le café l'emporte toujours). Moi compris.

Par FaTraPa
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Mercredi 15 mars 2006

Je n'aime guère Villepin. Guindé, arrogant, rimailleur, il représente une image de la France qui m'écoeure. Seulement voilà, il arrive que même les aristocrates (je suis certain qu'il se prend pour un mélange de Tocqueville et de Victor Hugo) détestables sont capables d'agir justement. Avoir créé le CPE fait partie de ces bonnes actions.

Pour comprendre, il faut en revenir à certains statistiques. Plus de 20% des 18-25 ans sont au chômage (et ce chiffre ne compte pas les étudiants qui prolongent leurs études pour éviter cette situation). Ce chiffre passe à 40% quand on considère les jeunes des Cités. D'autre part, si un Français perd son emploi, il met, en moyenne, 18 mois à en retrouver un (contre 3 dans les pays anglo-saxons).

Après la rupture de 1973, tous les gouvernements n'ont choisi qu'un seul type de solution : sécuriser les emplois. Résultat : médiocre. Les insiders (employés) se sentent en sécurité mais regardent avec crainte les outsiders (sans emplois). De leur côté, les outsiders éprouvent de grandes difficultés à rentrer (pour la première fois ou de nouveau) se mettre au chaud. La fracture sociale n'est pas entre les riches et les pauvres dans ce pays (ce qui laisse un rôle à l'Etat, si on croit aux capacités de cette institution, pour redistribuer une partie des richesses) mais entre les salariés et les chômeurs (ce qui rend l'Etat impuissant car peut-il faire si ce n'est multiplié comme des petits pains les fonctionnaires?). On n'a jamais cessé de stigmatiser le mauvais problème dans ce beau pays. Perdre son emploi n'est pas dramatique, ne pas en retrouver un est terrible.

Pourquoi le CPE est-il une bonne chose alors? Lorsqu'un jeune postule à un poste, il y a ce que les économistes appellent assymétrie d'information. Le postulant connaît sa valeur mais l'employeur n'en sait rien. Ce dernier se retrouve dans une position délicate. Il a besoin de "sang neuf" (expression qui plaira aux gauchistes) mais il doit limiter ces risques. Imaginons que séduit par le candidat lors de l'entretien d'embauche, le patron offre un CDI. Six mois plus tard, il s'avére que le jeune n'est pas dans le coup. L'entreprise se retrouve avec un poids dont il ne peut se délester sans un coût élevé. Face à ce risque, le patron préfère les CDD ou les stages. Cette petite contine concerne bien plus les étudiants de fac, les BTS, les IUTistes, les simples bacheliers que les élèves des Grandes Ecoles puisque ces derniers fournissent un signal aux entreprises montrant leurs capacités (dans la logique française).

Les étudiants veulent un emploi sûr mais cette demande entraîne une raréfication de l'emploi. Je crois que si certaines personnes sont incapables de suivre à l'école, ils peuvent être faits pour réussir dans le monde professionnel. Il faut leur laisser la possibilité d'y entrer. Pour cela, il faut abaisser les risques pris par les employeurs. Le CPE est un premier pas. Il doit être généralisé pour qu'on cesse de dire : "Mon Dieu, voilà un an que je suis au chômage".

Mais bon, la fronde anti-CPE augmente et le gouvernement va faire sa spécialité culinaire : la reculade. Avec un peu de volonté et courage politique, de grandes réformes peuvent être faites mais quand on laisse l'occupation des universités se prolonger (ce qui est interdit par la loi), on montre ce qui se cache derrière la façade de la détermination.

Par FaTraPa
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Lundi 20 mars 2006

Atteinte à la liberté de circulation

Atteinte à la liberté d'étudier

Atteinte à la libre expression

Accepterez-vous qu'un petit groupe vienne vous dire quoi penser dans vos universités ? Cela rappelle le bolchévisme.

Pour les idiots qui croient que la constitution d'AG représente la souveraineté populaire, je leur rappelle que leur assemblée n'est pas sortie d'un vote, que les pressions des bloqueurs empêchent les opposants de s'exprimer (la preuve certaines AG ont été annulées par crainte d'incidents). Vous faites une politique de la terreur en posant la privation de liberté comme un présupposé de la discution. Hitler est devenu Fuhrer grâce à un référendum. Le vote ne fait pas le droit. Y aurait-il unanimité sauf une voix, l'ultra-minoritaire devrait être écouté et libre d'aller aux cours qu'il décide. La démocratie n'est pas la dictature de la majorité!

Opposez-vous aux blocages, faites face à ce nouveau fascisme!

Par FaTraPa
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Mercredi 22 mars 2006

Un fait qui illuste bien la mentalité française.

Je regardais d'un oeil l'émission FranceEuropeExpress et je regardais tous les participants s'offusquaient sur le droit accordé aux patrons de licensier sans motif. Sans vouloir discuter cet aspect de la loi, je remarque que dans ce beau pays on n'imagine que ne se passe que ce qui est inscrit dans la loi. S'il y a marqué que les patrons peuvent virer sans motif alors tous les licensiements de jeunes sous CPE se feront sans motif. La loi républicaine régit tous les comportements selon nos politiques. Vive la démocratie française! Tout cela est ridicule.

On constatera que les patrons ont accepté de revenir sur ce point. Preuve qu'ils ne pensent pas avoir besoin d'agir de cette manière.

Comme aurait pu le dire Orwell :

L'Etat, c'est l'intérêt général.
Le patronat, c'est l'oppresseur.

Par FaTraPa
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